Le test du verre d’eau a fait le tour d’internet : on pose un cheveu propre à la surface, on attend, et selon qu’il flotte ou coule on décrète une porosité basse ou haute. C’est séduisant. C’est aussi très approximatif.
Pourquoi ce test ment souvent
Un cheveu enduit de résidus de silicone flotte, quelle que soit sa porosité réelle. Un cheveu parfaitement démaquillé coule en trente secondes parce qu’il est simplement plus dense que l’eau. La tension de surface fait le reste : la moindre poussière ou trace de gras modifie le résultat.
Le test peut donner une indication, à condition d’être fait sur un cheveu tombé naturellement, lavé sans après-shampooing, dans une eau à température ambiante. Autant dire : rarement.
Les trois observations qui comptent
1. Le temps de séchage à l’air libre
C’est le signal le plus fiable. Un cheveu à porosité haute est sec en une à deux heures : les écailles sont ouvertes, l’eau entre vite et s’échappe aussi vite. Un cheveu à porosité basse peut mettre quatre à six heures, parfois plus, parce que l’eau peine à entrer comme à sortir.
2. Le comportement au moment de l’hydratation
Vaporisez de l’eau sur une mèche sèche. Si les gouttes perlent et restent en surface plusieurs secondes, la porosité est basse. Si elles disparaissent immédiatement, elle est haute. C’est visuel, immédiat, et beaucoup plus parlant qu’un verre d’eau.
3. La tenue du soin
Un cheveu poreux boit tout et redevient sec en vingt-quatre heures. Un cheveu à porosité basse garde le produit en surface : il paraît chargé, gras, alors qu’il est en réalité mal hydraté en profondeur.
La porosité n’est pas un type de cheveu. C’est un état, qui change avec la chaleur, la coloration, la saison et l’âge des longueurs.
Ce qu’on en fait concrètement
- Porosité haute : on scelle. Après l’hydratation, un corps gras plus épais — le beurre de karité — pour ralentir l’évaporation.
- Porosité basse : on ouvre. Chaleur douce (serviette tiède, vapeur de douche), textures légères, et surtout moins de produit qu’on ne croit.
- Porosité mixte, très fréquente : racines basses, pointes hautes. On traite les deux zones différemment, sur la même tête.
C’est exactement le point de départ d’une séance de coaching : lire la fibre avant de proposer quoi que ce soit. Vendre un produit sans ce diagnostic, c’est vendre au hasard.




